Est-ce la fin des mots-clés ? C'est la question du moment. Et d'abord, qui suis-je pour y répondre ? Je continue d'en faire pour mes clients, pas tous, parce qu'il y a un gros changement SEO en ce moment. Sur la moitié des comptes, on perd du trafic. Sur l'autre moitié, on en gagne, parfois 15, 20, jusqu'à 35 %.
La différence tient à une seule chose : ceux qui gagnent ont arrêté d'attaquer les mots-clés courts. On passe de 4 à 24 mots en longueur de requête. Il faut attaquer des requêtes que les IA ne peuvent pas manger, et c'est exactement ce qu'on va chercher.
Les mots-clés ne meurent pas tous. Ceux qui meurent sont les courts et informationnels, que les IA mangent désormais. Le travail aujourd'hui consiste à trouver les requêtes qui ramènent encore un clic, en regardant la question plutôt que la réponse, puis à transformer chaque pattern qui clique en modèle de page.
- Une requête courte et généraliste se fait manger par l'IA. Une requête longue et précise, avec un prix ou un cas d'usage, garde son clic.
- Le bon réflexe : regarder la question, pas la réponse. Tu cherches le pattern qui fait réapparaître les liens cliquables.
- Un pattern qui clique devient un modèle de page. Tu en trouves dix ou quinze, et tu construis tes pages dessus.
On passe d'une requête courte à une requête très personnalisée
On tape de moins en moins « assurance auto ». On tape « assurance auto jeune conducteur à moins de 50 € par mois ». La requête s'allonge parce que le besoin est précis, et qu'une réponse généraliste ne le couvre pas.
Les options sont devenues innombrables. Tu sais qu'il existe des dizaines d'assurances auto, alors tu décris ta situation pour tomber sur celle qui te correspond sans payer trop cher. Une recherche en deux mots ne fait plus le travail, elle te sort un listing qui ne colle pas à ton besoin.
Dans un LLM, plus la requête est longue, plus le modèle a de contexte pour comprendre ton besoin et répondre de façon personnalisée. C'est exactement pour ça que ces requêtes longues explosent.
Retiens le mouvement : requête courte et peu personnalisée hier, requête longue et très personnalisée aujourd'hui.
Aujourd'hui, 60 à 70 % des requêtes ne ramènent plus aucun clic
Aujourd'hui, une grande partie des requêtes ne génère plus aucun clic vers un site. La raison tient à AI Overview, qui se déclenche sur quasiment toutes les SERP informationnelles, et seulement sur une petite part des SERP transactionnelles, entre 5 et 10 %.
La donnée le confirme. Sur le premier tiers de 2026, 68 % des recherches Google ne débouchent sur aucun clic vers un site, mesuré sur le panel clickstream de SparkToro et Similarweb. Deux recherches sur trois ne sortent jamais de Google. Et début 2025, les résumés IA se déclenchaient sur 91 % des requêtes informationnelles, contre 2 % des transactionnelles, sur un échantillon de 10 millions de mots-clés (Semrush). Le clic se réfugie là où l'IA ne répond pas à ta place.
Donc quand l'aperçu IA ne se déclenche pas, tu sais déjà que la requête est du bon type : elle amène un clic. On te répète partout qu'il faut être cité par les IA. Mais à quoi sert d'être cité si tu n'es pas cliqué ?
Je ne travaille pas pour ChatGPT, ni pour Gemini. Je ne suis pas là pour nourrir leur data. Mes clients me paient pour des leads. Créer une page qui n'amène ni clic ni client derrière, ça ne sert à rien.
La seule exception, c'est un site institutionnel ou une association, qui peut publier sans attendre un email ou un achat. Pour tout le reste, le clic reste l'objectif.
Travaillons ensemble votre acquisition.
Il y a des SERP verrouillées sur lesquelles on ne peut plus aller
Troisième argument, et il compte autant que les autres : il y a des SERP qui sont verrouillées, sur lesquelles on ne peut plus aller. Avec un nouveau site, tu ne seras jamais positionné sur « assurance auto ». C'est ma thèse du moment : si tu ne trouves pas les mots-clés qui ne seront pas mangés par les IA, tu vas avoir grand mal à faire du SEO.
On te dira qu'il faut acheter des backlinks. Non, il ne faut pas acheter de backlinks. Même sur « assurance auto », tu ne seras jamais positionné si tu arrives avec un nouveau site.
Il faudra trouver des micro-intentions, sur lesquelles les autres sont moins bien positionnés, ou ne sont pas positionnés du tout.
Regarde la question, pas la réponse
Le meilleur test se fait à la main, dans ChatGPT. Prenons un exemple pour bien comprendre.

J'ai tapé « Comment choisir la meilleure raquette pour un débutant adulte qui fait régulièrement du sport ? ». Réponse correcte, mais aucun moyen de cliquer sur un des sites qui l'ont nourrie. Zéro clic.
Si je cherche la définition d'un mot, ça ne me dérange pas de ne pas cliquer. Mais « comment choisir une raquette », en tant que SEO, tu te dis qu'il faudra bien en acheter une, donc qu'il y aura un clic. Pas du tout. Cette requête n'apportera aucun clic, et elle n'est pas une priorité.
Donc, on va gratter pour trouver quels sont les mots-clés qui déclenchent des citations.

Deuxième test : « je n'arrive pas à trouver de raquette de tennis à moins de 200 euros pour débutant ». Là, dès le premier tiers de la réponse, je compte un, deux, trois, jusqu'à huit possibilités de cliquer sur un site. On passe de zéro à huit, sur le même sujet.
La leçon n'est pas dans la réponse, elle est dans la question. Il faut extraire un pattern de la requête. Ici, le pattern saute aux yeux : un prix.
Dès que tu ajoutes un prix, raquette à moins de 200 €, à moins de 100 €, à moins de 300 €, le clic revient presque à chaque fois. On vérifie toujours, mais une fois l'intuition confirmée, on en fait un modèle de page et on duplique.
Allez, on fait le test.

J'ai poussé plus haut, « je cherche une raquette à 500 euros max, je suis un joueur de compétition régional classé 15A ». Un peu moins de propositions, une typologie plus experte, donc un poil moins d'envie de cliquer. Mais le clic est toujours là, et le modèle prix se confirme, même en montant en gamme.
Un pattern qui clique devient un modèle de page
Si tu vends des raquettes, tu crées des pages catégories du type « raquette de tennis à moins de [prix] ». Le pattern prix est confirmé, tu le déclines à l'échelle.
Le prix n'est qu'un modèle parmi d'autres. Essayons maintenant d'en trouver un deuxième que les IA ne peuvent pas te manger : le comparatif entre deux modèles.

« J'aimerais un comparatif complet entre la Pure Aero et la HEAD Speed Legend Pro, car j'aimerais changer ma raquette. » Sur cette typologie, le lien cliquable arrive encore plus tôt dans la réponse, donc il a encore plus de chances d'être cliqué. Tu prends tes modèles de raquettes, tu les compares deux à deux, une page par comparaison.
Si tu vends un logiciel, le pattern « alternative à un outil de visio comme Google Meet » fonctionne, à condition de rester factuel et de ne jamais dénigrer l'autre solution. Les IA détestent ça, et tes lecteurs aussi.
Évite le comparatif bête, « X face à Y ». Vise le cas d'usage dans le comparatif : « ChatGPT face à Gemini pour une entreprise tech », par exemple. Là tu fais un vrai comparatif, honnête et transparent.
Tu ne cherches plus des mots-clés isolés, tu cherches des modèles. Il y en a dix ou quinze à trouver, et ce sont eux que tu traites en priorité.
Avant de créer une page, je me pose deux questions
Avant de créer une page, je me pose deux questions, dans l'ordre.
La première : est-ce que ChatGPT peut répondre à la requête sans citer mon site ? Si oui, je n'y vais pas.
La deuxième : il peut me citer, d'accord, mais est-ce que sa réponse est meilleure que la mienne ? Si elle est assez complète pour que l'utilisateur n'ait pas besoin de cliquer, je n'y vais pas non plus.
J'y vais seulement quand sa réponse est moins bonne, ou quand il ne peut pas produire la même chose que moi : un comparatif complet, une démo de logiciel, un appel avec un expert, un simulateur. Il faut trouver une typologie de page qu'une réponse de chatbot ne sait pas générer.
Les vrais mots-clés sont dans la data des utilisateurs
Les outils classiques te donnent des listes qui ne servent plus à grand-chose. Je vais chercher ailleurs : les mots que les gens tapent vraiment.
Premier endroit, Grok, sur grok.com. Comme c'est l'IA de X, elle va scraper X et Reddit. Tu lui demandes, et elle te remonte des recommandations et des requêtes formulées par de vrais utilisateurs. Reddit, en plus, est une source que les IA citent souvent, donc ces requêtes-là ramènent du clic, via les LLM comme via Google.
Deuxième endroit, ta propre donnée. Sur Qadence, l'agent SEO que j'utilise, tu pars de ta Search Console, tu ajoutes ton contexte business, et il apprend de chacun de tes échanges. Je lui demande mes meilleurs mots-clés, puis je trie ceux qui peuvent être mangés par les IA et ceux qui ramènent un clic. Comme il s'appuie sur ta data, il se trompe peu. Et tu anonymises toujours la data client avant de la lui donner.
Deux exemples concrets. « Bootcamp SEO » : même en tapant ça dans ChatGPT, tu vas cliquer, parce que tu veux le programme, le prix, des témoignages. « Accompagnement SEO » : quand tu cherches une agence, tu cliques pour visiter et prendre contact. Deux typologies de pages à créer, parce qu'on attend un clic derrière.
Pour finir, arrête de chercher tes mots-clés comme avant
Le vrai changement, c'est de t'extraire de ce que tu as appris sur la recherche de mots-clés. Arrête la méthode des outils, et va chercher dans ta data : ta Search Console, tes anciennes stratégies, tes recherches à côté, toujours anonymisées.
Construis un système capable d'aller piocher la meilleure data. Qadence en fait partie, mais peu importe l'outil. Ce qui compte, c'est de regarder ta Search Console et tout le contexte que tu lui donnes.
Les mots-clés courts vont disparaître. Ceux qui restent sont précis, personnalisés, et ramènent encore un clic. C'est là qu'il faut être.
FAQ
Non. Ce sont les mots-clés courts et informationnels qui se font manger par les IA. Les requêtes longues, précises et transactionnelles ramènent encore un clic, et c'est sur celles-là qu'il faut travailler.
Tape-la dans ChatGPT et regarde la réponse. Si aucun site n'est cliquable, laisse tomber pour l'instant. Si des liens apparaissent, surtout tôt dans la réponse, la requête vaut le coup. Tu regardes la question pour en extraire un pattern réutilisable.
Un pattern de requête qui clique, transformé en gabarit dupliquable. « Catégorie + prix », « comparatif entre deux modèles », « alternative à un outil », « cas d'usage par profil ». Tu en trouves dix ou quinze et tu construis tes pages dessus.
Sur Grok, qui scrape X et Reddit, et dans ta propre Search Console via un agent comme Qadence. Tu pars de signaux réels, pas des listes génériques des outils, et tu anonymises toujours la data client.